
Présentation
Les sujets du baccalauréat en philosophie proposent trois sujets : une explication de texte et deux sujets de dissertation. Les trois sujets portent sur des thèmes différents du programme. Il faut en choisir un des trois et n’en traiter qu’un seul.
Un sujet de dissertation se présente sous forme de question. Il peut évoquer directement une notion au programme (exemple : « le travail n’est-il qu’une souffrance? », en regrouper plusieurs (exemple : « le progrès technique nous rend-il plus libres » = technique + liberté) ou n’évoquer une notion qu’indirectement (exemple : « débattre, est-ce rechercher la vérité ? » = vérité + implicitement langage).
Pour répondre à cette question, il ne suffit pas de donner son opinion, son point de vue spontané, mais il faut ARGUMENTER en défendant PLUSIEURS POINTS DE VUE car c’est la diversité des points de vue et des hypothèses de réponses que se trouve la pensée critique. Le philosophe des Lumières Emmanuel Kant appelait « la pensée élargie » la capacité à penser contre soi-même, à envisager d’autres points de vue que le sien. Cette « pensée élargie » était selon lui, avec la capacité à penser par soi-même et à penser en cohérence avec ses valeurs, une des conditions pour bien user de sa raison.
Composition de la dissertation :
- Une INTRODUCTION : présentation du sujet, définition des termes, formulation de la problématique et présentation du plan.
- Un DÉVELOPPEMENT : chaque partie correspond à une hypothèse de réponse à la problématique (chaque partie présente une THÈSE, défendue par plusieurs ARGUMENTS) , articulation des parties entre elles par des TRANSITIONS : la réflexion doit être continue (sans rupture oui/non) et cohérente.
- Une CONCLUSION : réponse à la problématique. Pas de réponse définitive et péremptoire, mais réponse humble et provisoire.
Comment organiser son temps pour une épreuve de 4 heures?
A) Le travail au brouillon (environ 2h)

1) Analyser le sujet :
- Souligner les mots importants : notions au programme et autres notions. Noter une première définition simple et familière de ces mots dans leur usage courant, noter leurs synonymes et leurs contraires. Ces premières définitions vont évoluer au fil de la réflexion
- Souligner les « petits mots » : adverbes, formules négatives, pronoms, singuliers pluriels… ;
- Analyser la formulation du sujet (« Pouvons-nous…? », « Devons-nous…? »; « …est-ce…? »…) et rechercher un éventuel présupposé (idée admise dans la formulation même de la question)
2) Noter le PARADOXE du sujet
3) Formuler la PROBLÉMATIQUE
Pour formuler la problématique, articuler et mettre en tension les deux branches du paradoxe (formule possible « alors qu’il semble évident que… ne doit-on pas cependant reconnaître que… »).
4) Faire un PLAN
Le plan correspond au déroulement de la réflexion.
Chaque partie défend une THESE. Chaque thèse doit être défendue par des ARGUMENTS, renforcée par des RÉFÉRENCES PHILOSOPHIQUES et illustrée par des EXEMPLES.
Plans possibles :
Thèse A
Limites de la thèse A
Thèse B
OU
Thèse A
Thèse non-A
Thèse B
Pour organiser le plan, la thèse B correspond à celle que vous avez envie de défendre, la plus nuancée, celle qui semble la plus pertinente à vos yeux.
Dans chaque partie, trouver deux ou trois ARGUMENTS pour défendre la thèse.
Pour renforcer au moins un argument par partie, expliquer précisément une REFERENCE PHILOSOPHIQUE
Pour illustrer un argument, possibilité de prendre un EXEMPLE (culture générale, expérience quotidienne…)
5) Rédiger l’introduction :
Plusieurs étapes :
- Accroche (thématique, historique, littéraire, actualité, œuvre d’art, situation quotidienne…)
- Présentation du sujet, définition des termes, remarques sur la formulation du sujet (souligner les enjeux)
- Formulation de la problématique
- Présentation du plan (chaque partie apparaît comme une hypothèse permettant de faire avancer la réflexion sur le sujet). Pas de « je » mais plutôt « nous » ou formules impersonnelles (« la première partie envisagera… »).
B) Le travail au propre (environ 1h30)

Plusieurs étapes :
1) Recopier l’introduction
2) Rédiger le développement :
Introduire chaque partie en formulant la thèse dans un petit § introduit par un alinéa
Dans chaque partie, formuler 2 ou 3 arguments pour défendre la thèse abordée dans la partie.
Attention : l’argument ne doit pas commencer par la référence à un auteur car la dissertation est un exercice de réflexion personnelle, la référence aux auteurs doit venir renforcer notre réflexion et pas la remplacer.
Entre chaque partie, sauter une ligne et rédiger une transition en montrant les acquis de la thèse abordée précédemment et la nécessité d’envisager une autre thèse.
3)Rédiger la conclusion : rappeler le déroulement de la réflexion et répondre à la problématique.
Prendre 10 minutes à la fin pour SE RELIRE
Exercices
Problématiser les sujets suivants :
- Avons-nous besoin d’art?
- Le progrès technique procure-t-il le bonheur?
- Peut-on ne pas savoir ce que l’on fait?
- La vérité doit-elle toujours être dite?
- Est-il toujours injuste de désobéir aux lois?
- La liberté d’expression doit-elle être absolue?
- Etre libre, est-ce faire tout ce qui nous plait?
- La science exclut-elle toute forme de doute?
- Doit-on avoir peur du progrès technique?
- Peut-on échapper au temps qui passe?
- Le travail n’est-il qu’une contrainte?
Liste de sujets dans laquelle piocher pour s’entraîner :
- L’oeuvre d’art est-elle nécessairement belle?
- L’artiste a-t-iel la maîtrise de son oeuvre?
- Tout le monde peut-il être artiste?
- L’art transforme-t-il le monde?
- L’oeuvre d’art n’est-elle qu’un objet parmi d’autres?
- L’art n’obéit-il à aucune règle?
- L’artiste est-il un artisan?
- L’art échappe-t-il au temps?
- La création artistique est-elle un travail?
- Peut-on convaincre autrui qu’une oeuvre d’art est belle?
- Peut-on apprendre à aimer l’art?
- Décide-t-on d’être heureux·se?
- Le bonheur n’est-il qu’un idéal?
- Peut-on être heureux·se sans le savoir?
- Avons-nous le devoir d’être heureux·se?
- Peut-on être heureux·se en étant injuste?
- Ne peut-on être heureux·se qu’au passé?
- Le bonheur n’est-il qu’une affaire privée?
- Suis-je la ou le mieux placé·e pour me connaître?
- Est-ce une faiblesse de douter?
- Suis-je ce que j’ai conscience d’être?
- Puis-je faire le bien sans rien attendre en retour?
- Le devoir est-il seulement une contrainte?
- Faut-il limiter le pouvoir de l’Etat?
- Est-ce à l’Etat de faire régner la justice?
- Serions-nous plus libres sans l’Etat?
- Peut-on penser une société sans Etat?
- Peut-on s’accorder sur ce qui est juste?
- Respectons-nous les lois seulement par peur de la punition?
- Se venger, est-ce rendre justice?
- Bien parler, est-ce bien penser?
- Discuter, est-ce renoncer à la violence?
- Les mots déforment-ils la pensée?
- Peut-on parler pour ne rien dire?
- Le langage peut-il transformer le monde?
- Peut-on choisir de ne pas être libre?
- Doit-on apprendre à être libre?
- Obéir, est-ce renoncer à sa liberté?
- Avons-nous raison de croire que nous sommes libres?
- Le progrès technique nous rend-il plus libre?
- Peut-on être esclave de soi-même?
- La nature a-t-elle des droits?
- L’humain a-t-il une place privilégiée dans la nature?
- Sommes-nous parfaitement rationnel·les?
- Puis-je savoir si j’ai raison?
- La religion permet-elle de mieux vivre?
- Est-ce une force d’avoir la foi?
- La religion n’est-elle qu’une affaire privée?
- Faut-il faire confiance à la science?
- Les vérités sicentifiques sont-elles indiscutables?
- Ce qui est techniquement possible est-il toujours souhitable?
- L’innovation technique répond-elle à nos besoins?
- Avons-nous la maîtrise de nos inventions techniques?
- Est-ce de l’insouciance de choisir de vivre dans le présent?
- Peut-on maîtriser le temps?
- Le travail nous permet-il de nous épanouir?
- Peut-on choisir de moins travailler?
- Les machines nous libèrent-elles du travail?
- Faut-il chercher la vérité à tout prix?
- L’erreur nous éloigne-t-elle de la vérité?
- Peut-on dire « à chacun sa vérité »?
- La vérité est-elle indiscutable?
- Y a-t-il des vérités définitives?